Trame d'art

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Le modelage

adolescent et modelage

Le modelage : un vecteur thérapeutique pour la construction de l’identité des adolescents présentant des TED ou troubles autistiques.

 

Les adolescents atteints de TED (troubles envahissants du développement) présentent des anomalies sévères du développement sur le plan cognitif, social, affectif, intellectuel et sensoriel.

Au sein d’un IME, les diverses expériences dans le modelage vécues dans les ateliers terre, peinture et élaboration de marionnettes, ont permis l’observation des représentations enfouies notamment celles concernant le Moi-peau. Ces formes modelées obtenues font apparaitre dans leur construction et leur symbolisation, le lien entre le mouvement corporel et l’enveloppe psychique, représentant certains aspects ou certaines étapes du processus de construction et de développement (enveloppes psychiques et corporelles) de l’individu.

Symbolisation – Contenance – Enveloppes psychiques et corporelles – TED.

 

 

La construction du sentiment d’être dépend à la fois des expériences du corps propre et des interactions avec un objet privilégié (la mère le plus souvent). Mais dans un grand nombre de psychopathologies, le sentiment d’être vivant et entier, en relation avec soi-même et autrui, d’être affecté (en bien ou en mal) par son environnement, est une expérience difficile, inachevée, voire parfois impossible. La notion de représentation se met en place avec la consolidation des enveloppes psychiques et corporelles.

Autour du modelage (plus précisément la terre ou la marionnette) comme outil de travail, auprès d’adolescents (de 15 à 18 ans) ayant des troubles envahissants du développement (TED), nous essayerons de retrouver les processus de construction de l’identité en fonction des expériences corporelles et sensorielles.  

Ce dispositif a été proposé au sein d’un Institut Médico-Educatif (IME).

A partir de matériaux malléables et à travers cette approche, il semble possible aussi d’aborder l’expression des émotions. Au fur et à mesure des propositions l’atelier s’enrichit d’hypothèses de travail et de « savoir- faire ». La prise en charge de ces adolescents nécessite d’entrer en communication avec eux, ce qui n’est pas toujours facile et d’essayer de les aider dans cette relation à récupérer une « peau » psychique tout en les guidant dans leurs émotions et leur socialisation. En l’absence de langage verbal, nous utilisons d’autres voies pour nous exprimer : la voie sensorielle et le corps. La construction psychique de l’être humain résulte des sensations corporelles transformées en expérience psychique et en pensée. Les productions seraient un reflet de ce qui se passe au niveau de l’émergence et de l’évolution de l’image du corps (transcription des angoisses corporelles en traces modelées). Nous chercherons donc à observer les processus psychiques en jeu dans l’utilisation du modelage, notamment les mécanismes de la symbolisation primaire.

  • Si le modelage permet une éventuelle évaluation du processus d’émergence psychique, y-a-t-il des corrélations plausibles entre les niveaux de réalisation du modelage et les différentes étapes du processus. ? A travers le modelage et ce qu’il représente, le lien entre le mouvement corporel et l’apparition de « quelque chose de psychique » peut être intéressant.

         La terre, qui représente à la fois la continuité et la transformation, permettrait au sujet d’exprimer ses angoisses corporelles, mieux qu’il ne le ferait par les mots qui lui font défaut. Ces formes modelées pourraient représenter certains aspects du développement (enveloppes psychiques, Moi-corporel) d’un autisme profond jusqu’à une possible individuation. On devrait ainsi pouvoir repérer une correspondance entre les types de productions et les niveaux de configuration de l’image du corps (étapes de la construction du Moi-corporel).

  • L’étude de la sensorialité (autistique et psychotique) et plus particulièrement du toucher, à travers le modelage, donnerait-elle une clé pour accéder au sujet ? Il s’agirait alors de repérer les signes concernant l’élaboration du Moi-peau.

 

Le postulat de départ était d’observer, dans un premier temps les expériences corporelles et sensorielles (qui à l’intersection de l’appareil psychique formeraient le « Moi-peau ») puis dans un second temps comment ce processus fait office de fonction contenante. Cette fonction contenante peut alors nourrir la construction de l’identité. Le thérapeute dans ce schéma soutient aussi cette fonction. Dans l’observation de ce postulat, il m’est apparu un chemin parallèle au premier chemin décrit ci-dessus.

            Les expériences corporelles et sensorielles permettent des expériences sur le médium (quelqu’il soit) qui d’une part font apparaître la production et d’autre part donne accès à la symbolisation en favorisant un déblocage de l’imaginaire. La pensée est ainsi structurée et au même niveau que l’objet créé, ces deux éléments contribuent à la construction de l’identité.

            Il se joue des aspects transférentiels entre le sujet, le médium et le thérapeute. Ce dernier est certainement un soutien du sujet mais aussi le médium (qui plus est la marionnette) le contient tout autant. La production devient alors un objet de projection contenant l’identité du jeune ou ce qui le constitue ou mieux pourrait le constituer avec le soutien de l’autre (le thérapeute).

 

 

Maryline Laplagne 



08/11/2013
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